
Astérix aux Jeux olympiques
(date de sortie : 30 janvier 2008)
de Thomas Langmann et Frédéric Forestier
avec Benoît Poelvoorde, Alain Delon, Clovis Cornillac, Gérard Depardieu, Stéphane Rousseau...
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78 millions d'euros de budget, une campagne marketing de 20 millions d'euros, des stars en-veux-tu-en-voilà, une sortie sur 5000 écrans en Europe le même jour... Mais un film loin d'être
à la hauteur du précédent volet, Mission Cléopâtre, de l'excellentissime Alain Chabat.
Alafolix (Stéphane Rousseau) est amoureux de la princesse grecque Irina (Vanessa Hessler, la blonde de la pub Alice), promise à Brutus (Benoît Poelvoorde), le fils de Jules
César (Alain Delon). Par défi, Irina annonce qu'elle offrira son coeur aux gagnants des Jeux Olympiques, qui réunissent les athlètes de toutes les contrées de l'empire romain : Grèce, Egypte,
Germanie, Hispanie, Rome et bien sûr la Gaule, représentée par Alafolix, Astérix (Clovis Cornillac) et Obélix (Gérard Depardieu). Brutus et les Gaulois vont donc s'affronter dans diverses
displines pour départager le gagnant (dont une course de char type F1).
On attend forcément beaucoup d'un film avec autant de moyens financiers et une telle pléiade d'acteurs. Et bien le compte n'y est pas vraiment. On a le droit à
de très beaux plans de paysage lors de la scène d'introduction, à une ampleur de la mise en scène et des effets visuels, à la présence de décors somptueux... Mais côté scénario et
dialogues, on est proche du degré zéro ! Les gags font flop, les dialogues manquent de rythme et le tout manque cruellement d'une cohérence globale.
La séquence de la course de char traîne en longueur et manque de suspense, et ce n'est pas la présence de Schumacher dans un char rouge qui rattrape le tout. Certaines scènes
de parodie (surtout de Cyrano de Bergerac) sont assez divertissantes. La scène du balcon, ou Obélix souffle son texte à Alafolix qui tente de séduire la princesse, est l'une des plus drôles du
film. La séquence finale, qui réunit en guest stars Jamel Debbouze, Amélie Mauresmo, Zinédine Zidane ou encore Tony Parker, est finalement la plus amusante de l'ensemble.
Côté interprétation, c'est très inégal, et souvent surjoué. Delon est plutôt amusant dans son numéro d'autodérision narcissique ("Avé moi"), Depardieu est
juste dans son jeu d'Obélix, Poelvoorde est détestable en Brutus, et certains petits rôles (Dubosc en Assurancetourix, Francis Lalanne en Francix Lalannix, Alexandre Astier en Malosinus, bras
droit de Brutus, et Elie Semoun en juge Omega, notamment) sont assez croustillants. Mais d'autres acteurs, tel Cornillac en Astérix ou José Garcia en Couverdepus, surjouent sans jamais trouver
tout à fait le bon ton, grossissant le trait à outrance. Sans oublier le manque de consistance de certains personnages, dû en grande partie à l'écriture (Alafolix, Irina,...) et dont les
interprètes tentent tant bien que mal de leur donner un peu de justesse.
Bref, si Mission Cléopâtre est le genre de films qu'on peut voir plusieurs fois sans s'ennuyer et dont les 14 millions d'entrées lui ont assuré une certaine
pérennité, tel ne sera probablement pas le cas d'Astérix aux Jeux Olympiques, qui joue plutôt sur le tableau "incroyable farce" tout en restant un divertissement à voir...à la
télé.