La présidente de Poitou-Charentes estime que la «réussite» de sa politique régionale peut se décliner à l'échelle nationale et le dira au futur congrès du PS
Charente Libre - Frédéric BERG - 24.06.2008
«Il y a une très bonne ambiance au sein de la majorité, a assuré la présidente. On avance et les élus sont très fiers de leur
travail.»
Le clash en février dernier avec son ex-vice-président Jean-FrançoisFountaine sur le budget? Oublié. L'opposition des Verts sur la
questionde la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP)? Evaporée. Les frictions répétées avec certains membres de sa majorité? Volatilisées. Hier, c'est en capitaine d'une région qui a
trouvé «son rythme de croisière»que Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, a donné le clap de fin de la dernière session du conseil régional avant les
vacances.
Peu avant cette ultime séance consacrée au compte administratif 2007, à la réforme de la formation professionnelle et à la
recherche et le développement économique (lire encadré), Ségolène Royal a reçu la presse régionale pour faire un bilan de l'action régionale de ces derniers mois, évoquer la bonne santé
économique du Poitou-Charentes, les «succès électoraux» des dernières élections, ses projets, son actualité et dire quelques mots sur les prochaines échéances qui attendent le Parti
socialiste(PS).
«Il y a une très bonne ambiance au sein de la majorité, a souligné d'emblée la présidente. On avance et les élus sont
très fiers de leur travail.» Des élus qu'elle veut «féliciter»: «Ils sont capables de souplesse et d'adaptation.» Ségolène Royal reconnaît avoir été «volontairement
dirigiste» depuis qu'elle a pris les rênes de l'exécutif régional en 2004. Une façon de dire que tout n'a pas été facile mais que tout va mieux: «Il fallait fixer une feuille de route,
définir les orientations. Maintenant je délègue, je suis même la présidente de région qui délègue le plus.» Une appréciation qui, rapportée à certains élus de la majorité, fait sourire sans
toutefois provoquer de déclarations dissonantes, signe en effet que «ça va mieux.»
Autre sujet de satisfaction pour Ségolène Royal, les «résultats spectaculaires» des élections municipales et cantonales.
Elle y voit les «fruits de la politique régionale». «Qui aurait pu penser que le maire de Cognac puisse être un socialiste?», savoure-t-elle avant de citer également les
exemples d'Angoulême, de Niort, etc. «Il y a en Poitou-Charentes une forte lisibilité la politique de la Région», ajoute la présidente qui se félicite également des «excellents
chiffres» de l'économie régionale où elle voit aussi des signes de sa politique.
Et quand on lui demande les décisions les plus importantes qu'elle a prises, Ségolène Royal cite notamment «l'excellence
environnementale, le microcrédit, le plan de développement des formations professionnelles». Et elle ajoute «l'audace», comme son appel à projet pour un véhicule électrique à 5.000
euros.
«Un laboratoire d'idées qui fonctionnent»
La «réussite» de sa politique, Ségolène Royal imaginerait bien la reproduire à l'échelle nationale.
«C'est vrai, le Poitou-Charentes est un laboratoire, mais un laboratoire d'idées qui fonctionnent.» Et des idées c'est bien ce que la candidate au
poste de premiersecrétaire du PS au congrès de novembre a l'intention de décliner dans sa contribution, un texte qui fixe de grands objectifs qu'elle doitrendre avant le 2 juillet
prochain.
Sur ce point, la patronne de Poitou-Charentes reste discrète. Elle s'appuiera notamment sur les «contributions à la
contribution» qu'elle a reçues de la part de plus de 3.000 personnes qui pouvaient s'exprimer librement via un site internet: «Il en ressort deux grands
axes: la nécessité d'une révolution démocratique et celle d'une nouvelle conception du parti.» Après la démocratie participative, cette «révolution démocratique» entend redonner une place au citoyen avec «la garantie de l'écoute, de l'attention, de la décision juste». Quand au PS, Ségolène
Royal veut qu'il retrouve son unité: «Une équipe, une voix.»
Sa voix, Ségolène Royal, qui dit refuser actuellement toutes lessollicitations médiatiques, l'a fera entendre dans un livre
qui sortdans les prochains jours. «Si la gauche veut des idées» est un échangede points de vues avec le sociologue Alain Touraine: «Une analyse de la société en abordant de grands thèmes
comme l'éducation, les réformes, la gauche...»
Quant à la campagne pour le poste de premier secrétaire, «elle débutera en septembre, pas
avant»...
UN PLAN POUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE
La dernière session du conseil régional d'hier a été consacrée à trois dossiers. Le premier concernant le compte
administratif pour 2007, le deuxième, la réforme de la formation professionnelle et enfin l'attribution du label «pôle régional de compétitivité» au pôle des éco-industries de Poitou-Charentes.
En préambule de cette ultime session, trois des membres du jury citoyen qui a planché fin avril surl'action régionale contre le changement climatique sont venus à la tribune pour adresser
plusieurs «bons points» à la Région et «quelques remarques très utiles», selon Ségolène Royal.
Concernantle compte administratif, la présidente a indiqué qu'une économie de 15millions d'euros avait été réalisée par
rapport au budget prévisionnel, signe selon elle «d'une bonne maîtrise des dépenses - un euro dépensé doit être un euro utile - et une bonne tenue des recettes».
Le plan de développement des formations professionnelles veut lui réaliser une carte des formations «équilibrée,
cohérente en adéquation avec les besoins économiques de territoire». L'objectif est aussi de «développer l'attractivité» des établissements régionaux et d'«améliorer toutes les phases de
la formation».Un «compte formation universel régional» est même créé permettant àchaque citoyen de disposer d'un «capital temps formation» luipermettant de se former tout au long de sa vie
professionnelle.
Enfin la Région attribue donc un label à son pôle éco-industries pour selon Ségolène Royal «le rendre plus visible et
compétitif au plan national et international». Des décisions votées sans souci.